Rehitnama Bhai Daya Singh
Bhai Daya Singh fut le premier des Panj Piaré à offrir sa tête en sacrifice lorsque Guru Gobind Singh lança l’appel au plus haut des sacrifices. Il faisait partie des Cinq qui reçurent le baptême de l’Amrit, l’Ordre sacré du Khalsa. Il reçut l’illumination suprême du Guru. Son Rehitnama fut manifestement rédigé après le décès de Guru Gobind Singh. Il expose les idéaux fondamentaux du Khalsa et appelle à une rupture complète avec la foi brahmanique et les cultes musulmans, qui exploitaient les masses hindoues et musulmanes en se réclamant de pouvoirs occultes. Ce qui suit est la traduction d’une version authentique :
Un Sikh du Guru ne doit avoir aucune foi dans les Maths : monastères brahmaniques, idoles, pèlerinages aux rivières sacrées, dieux et déesses, jeûnes, cérémonies brahmaniques de culte des images (pūjā et archā). Il ne doit pas non plus croire au tantra, mantra et yantra du yoga tantrique. Il ne doit pas aller chez les Brahmanes ou les Pīrs pour des amulettes, talismans ou pour chercher des présages, ni se soumettre au sacrement hindou du Gāyatrī ou au Tarpan.
Est Khalsa celui qui a dédié son corps, son esprit et sa richesse à l’Être Suprême et à une cause juste.
Un Sikh ne doit pas porter le fil sacré hindou : le Janeu. Il ne doit pas accomplir les cérémonies de naissance et de mort selon les rites hindous, ni organiser la cérémonie de repas pour les Brahmanes dans le but de la rédemption des ancêtres. Il ne doit pas célébrer le mariage selon les rites védiques ou brahmaniques. Il doit accomplir toutes les cérémonies conformément à la discipline des Gurus (Gur-maryādā), en offrant des prières (Ardās) devant le Seigneur en présence de l’Adi Guru Granth.
Un Sikh doit apporter toute l’aide possible à quiconque vient à lui dans le besoin.
Il doit visiter quotidiennement le Temple du Guru (Gurdwārā), et se rendre au temple avec retenue et révérence.
Si personne n’offre sa fille en mariage à un jeune homme Sikh pieux simplement parce qu’il est pauvre, ou pour une autre raison de ce type, alors il faut offrir sa fille volontairement à une telle personne.
Tuer les filles nouveau-nées, ou donner sa fille en mariage à un homme rasé de près par avidité, est une faute religieuse grave.
Quand un Sikh offre sa fille en mariage à un Sikh pieux, c’est comme si le nectar s’unissait au nectar.
Quand un Sikh (Khalsa) donne sa fille à un homme rasé de près non-Sikh, c’est comme mettre du nectar dans la bouche d’un serpent.
Un Sikh doit préférer les turbans ou vêtements de couleur blanche, jaune, bleue ou grise.
Note : La couleur rouge utilisée de nos jours par les communistes pour leurs drapeaux est appelée suha rang, laquelle est déconseillée, car dans les Écritures sikhes, elle est symbole de caractère instable, immoral et de vie matérialiste. La couleur rouge de la rose, elle, est appréciée car elle symbolise la radiance spirituelle.
Il n’existe pas de règle stricte pour ceux qui mènent une vie purement mondaine, mais les personnes religieuses préfèrent généralement le blanc, le jaune, le bleu, le gris et le noir.
Un
Sikh doit considérer tous les autres Sikhs, riches ou pauvres, comme
ses frères dans la foi.
Celui qui nourrit la trahison et
l’insincérité dans son cœur est voué à la perdition.
Accepter
des offrandes ou des amulettes de Pīrs et des adeptes de chefs de
cultes musulmans tels que Sakhi Sarwar (Sayyid Ahmed), dont le culte
s’adonne à la magie et aux pratiques occultes, constitue une
transgression de la discipline religieuse.
Celui qui porte les
marques sacrées hindoues sur le front (Tilak), ou qui porte
un chapelet de perles de bois des sectes Vairāgī, commet
une infraction à la discipline.
Chaque fois qu’une décision communautaire ou nationale doit être prise, cinq Sikhs vivant selon le Code moral du Khalsa (Rehit) doivent statuer sur ce qui est bien ou mal dans la conduite morale : Rehit-bibek. Le Gurmatta – décision collective de l’Assemblée des autorités spirituelles sikhes – doit être accepté comme définitif.
Note : Ce commandement ou cette tradition frappe à la racine de toutes les formes de dictature dans les institutions religieuses, culturelles et politiques.
Les
culottes (kacchera) doivent aller jusqu’aux genoux, et ne
pas descendre au-dessous des genoux.
La cuisine doit être
enduite d’argile, et non de bouse de vache selon les rites
brahmaniques.
Un Sikh doit rejeter tous les préjugés hindous
ou musulmans, ainsi que les influences culturelles dominantes des
souverains et sociétés hindoues ou musulmanes.
Les jeûnes
d’Ekādashī des Hindous ne doivent pas être observés
par les Sikhs.
Les Sikhs doivent célébrer les rites de mariage
selon la cérémonie Sikh d’Anand Karaj (Lāvāṅ)
et non selon les rites védiques.
Un Sikh doit toujours rester
prêt militairement, et garder son cheval et ses armes avec soin et
vigilance.
Celui qui emploie des Brahmanes pour accomplir les
cérémonies de mariage ou de décès selon les rites hindous commet
une infraction grave au Code moral du Khalsa et doit recevoir une
punition pénitentielle.
Note : Le Rehitnāma ci-dessus est la traduction du texte conservé au British Museum. Il existe quelques versions imprimées désormais disponibles. Mais j’ai récemment trouvé un manuscrit dans lequel les instructions suivantes supplémentaires sont consignées, ce qui indique que le texte original était plus complet. Les points additionnels sont les suivants :
Il existe quatre types de Sikhs :
Ceux qui deviennent Sikhs pour des motifs commerciaux : Dhandē dī Sikhi.
Ceux qui adoptent extérieurement le Sikhisme dans le but d’imiter les Sikhs à des fins matérielles et pour exploiter la foi Sikh : Bhēkh dī Sikhi.
Ceux qui deviennent Sikhs pour des ambitions personnelles ou familiales, qu’elles soient religieuses, sociales ou politiques : Hirsī Sikh.
Les Sikhs sincères et dévoués dans la foi : Sidqī Sikh.
On ne doit pas dire de mensonges ; on ne doit pas entretenir de
relations sexuelles avec des femmes autres que sa propre épouse
légitime.
Il faut renoncer à la convoitise, à la colère, à
l’orgueil, à la calomnie, et à toute forme de violence (hiṃsā).
Hiṃsā signifie blesser délibérément autrui.
Un Sikh doit avoir une parole douce, et ne jamais blesser les
sentiments de qui que ce soit. Il doit rester pur et sincère de cœur
et ne faire de mal à personne.
Il doit verser la dîme pour la
cause du Guru, toujours partager son revenu excédentaire avec les
nécessiteux et les aider de toutes les manières possibles. Même
lorsqu’il vit selon les Commandements du Guru, il ne doit pas en
tirer vanité ni orgueil.
Un Sikh ne doit pas fréquenter une société ou un lieu où l’on oublie Dieu et les grands Maîtres divins. Une telle société doit être évitée discrètement.
Un Sikh ne doit pas être un glouton, ni gaspiller la nourriture. Il ne doit ni trop parler, ni trop dormir. Il doit ramener à la maison son revenu gagné par un travail honnête, aider les dévots Sikhs et les servir. Il doit considérer Dieu et le Guru comme les Suprêmes Donateurs.
Un Sikh doit éviter cinq activités :
Voler, convoiter ou s’approprier les biens d’autrui.
Convoiter la femme d’un autre.
Dénigrer les autres à des fins personnelles.
Jouer aux jeux de hasard.
Boire du vin.
Une personne qui s’est écartée du Sikhisme doit être guidée sur le droit chemin. Il ne faut pas lui nuire ou lui faire de mal si elle peut encore être ramenée à la voie juste.
Un Sikh ne doit pas être jugé selon ses possessions matérielles ou sa richesse, mais selon sa vie de méditation (Nām Simraṇ : le Souvenir de Dieu) et sa vie morale et spirituelle.
Un Sikh doit attacher ses cheveux au sommet central de la tête. Il doit porter un turban de grande taille et garder sa tête toujours couverte. Il doit peigner ses cheveux deux fois par jour : tôt le matin et avant d’aller dormir. Il doit les laver avec du shampooing tous les quatre jours.
Guru Gobind Singh a dit :
« Si quelqu’un, de
n’importe quelle foi, confession ou des quatre castes, accepte le
baptême de l’Amrit, il doit être considéré comme mon
incarnation vivante : Oh merā sarūp hai.
»
Les Sikhs doivent méditer le Gur-mantra : Vāhigurū, de la manière suivante : à l’inspiration, dire Vāh intérieurement avec le souffle, et à l’expiration, dire Gurū avec le souffle.
Guru Gobind Singh a dit :
« Ce n’est pas la forme
extérieure ou le vêtement qui m’est cher, mais la conduite morale
et spirituelle du Sikh que j’honore : Rehit pyārī
muko, Sikh pyārā nahīṅ. »
Source - The Turban and the Sword of the Sikhs by Dr. Trilochan Singh