Que savez-vous de Bhai Sahib Randheer Singh ?

Bhai Randheer Singh Ji (1878-1961) était un combattant de la liberté, un réformateur, un théologien, et un héros de l’affaire de la conspiration de Lahore, ainsi que le premier prisonnier du Mouvement de Réforme des Gurdwaras.

Dans les deux premières décennies du siècle dernier, quand le cri de liberté n’était encore qu’un rêve lointain, la décadence et la démoralisation avaient corrodé les fondations religieuses, sociales et politiques de notre peuple. Bhai Randheer Singh émergea comme l’étoile la plus brillante d’une nouvelle époque, un apôtre de la foi, qui ne faisait pas de conférences ni de sermons mais versait ses pensées et ses expériences à travers les chants divins émouvants du Gurbani ; un réformateur, qui ne changeait pas la société par des préceptes mais par l’exemple ; un révolutionnaire, qui rejeta l’orgueil et la position d’une famille de haute classe et plongea dans la révolte la plus audacieuse contre l’impérialisme britannique à une époque où même les politiciens radicaux n’osaient pas lever le petit doigt pour la liberté et l’indépendance.

Personne n’ayant rencontré Bhai Randheer Singh ne pouvait jamais oublier sa personnalité dynamique. Il avait un visage rougeoyant avec une barbe apostolique, un large front, des yeux enfoncés et brûlants qui rappelaient le Bouddha en transe. Rien n’échappait à la magie de son regard, qui parfois étincelait d’ironie ou de compassion, et d’autres fois se perdait dans l’extase plongeant impérieusement jusqu’aux profondeurs de la conscience.

Le charme classique inégalé de son habit, son épée étincelante, un quoit sur son turban, lui donnaient l’apparence historique du chevalier de Gourou Gobind Singh qui a vécu et est mort pour Lui.

Pendant plus de quinze ans (mai 1915 à octobre 1930) Bhai Randheer Singh fut emprisonné pour sa participation au mouvement Ghadr (Révolte pour la Liberté). Après avoir subi une vie de prison terrible et tortueuse, et lors de sa libération, Bhai Sahib reçut de grands honneurs sous la forme de Hukamnamas et de Siropas de la part des quatre Takhts (à l’époque).

L’histoire témoignera du fait que les os et le sang de ces véritables combattants de la liberté ont fertilisé le sol aride du champ politique de leur pays. Il est regrettable que ceux qui ont récolté les fruits de leurs labeurs et ceux qui portent la couronne d’or, extraite de la vallée de la mort de ces héros, aient délibérément, consciemment et avec insensibilité oublié ceux qui ont porté la croix de la liberté jusqu’au sommet de l’indépendance. Mais l’histoire, le juge suprême et ultime, ne les oubliera pas.