Peut-un Sikh aller dans des lieux comme les clubs, pubs et bars ?

C’est un sujet important et vital à discuter. Le Gourou Sahib nous a béni avec un Saroop (apparence) qui ne peut pas se cacher, même parmi des centaines de milliers de personnes. Un Sikh du Gourou se distingue par ses cheveux, sa barbe, son turban et son habit. Ces signes extérieurs du Khalsa ne sont pas quelque chose que l’on peut retirer à volonté ; ils font partie intégrante de la personnalité d’un Khalsa.

Il y a plusieurs décennies, un jeune Sikh est venu du Pendjab au Royaume-Uni. À cause de son apparence, il ne pouvait pas entrer dans les pubs, clubs et autres lieux contraires au Gurmat (les enseignements du Gourou). Il s’en plaignait beaucoup et pensait que son apparence sikh était un obstacle à « s’amuser ».
Des années plus tard, il est retourné en Inde avec un corps pur, c’est-à-dire qu’il n’avait commis aucun grand péché. Il attribua alors à son apparence sikh le mérite de lui avoir sauvé sa Sikhi. Selon lui, sans cette apparence, il serait sûrement allé dans des pubs et clubs, ce qui aurait détruit sa foi.

Voici ce qui vient à l’esprit sur ce sujet :

  1. Un Sikh porte une immense responsabilité sur ses épaules en tout temps. Ses actions peuvent apporter de l’honneur ou de la honte non seulement à lui-même, mais à toute la communauté, et surtout au Gourou Sahib.

  2. Un Sikh n’est jamais seul : le Gourou est toujours ang-sang (proche). Partout où un Sikh va, son Gourou va avec lui. Par conséquent, un Sikh ne devrait jamais se rendre dans un endroit où il ne souhaiterait pas voir son Gourou aller.

  3. Prolongement du point précédent : si un Goursikh se rend dans un lieu manmukhi (contraire au Gurmat), il y va à ses propres risques, car le Gourou Sahib ne l’accompagnera pas là-bas. Il sera alors sans la protection du Gourou Sahib. Cette conscience devrait dissuader un Goursikh de fréquenter ce type de lieux.Certains pourraient se demander ce qu’il pourrait bien se passer en visitant simplement un lieu manmukhi (contraire au Gurmat) ; pour eux, on peut citer cette Pankiti :

  4. ਵੜੀਐ ਕਜਲ ਕੋਠੜੀ ਮੁਹੁ ਕਾਲਖ ਭਰੀਐ ॥
    (Si nous entrons dans une pièce remplie de kajjal – poudre noire pour les yeux –, notre visage sera très probablement noirci).

  5. Lorsque, il y a plusieurs décennies, les jeunes filles sikhes des villages ou des villes commencèrent à aller à l’université, il était courant que leurs pères leur disent avec émotion de ne jamais poser un acte qui pourrait « tacher leur turban ».
    Une fille ou une sœur représente l’izzat (l’honneur) de toute la famille. Une mauvaise réputation pouvait ternir l’honneur familial pour plusieurs générations. Cet avertissement suffisait à l’époque pour garder les filles sikhes sur la voie droite. Le même principe devrait s’appliquer aux garçons — mais aujourd’hui, les mentalités ont changé.

  6. Dans le prolongement du point précédent, les mauvaises actions des garçons et des filles sikhs peuvent apporter la honte à tout le Panth (nation sikhe). Nous sommes les fils et filles du Gourou Sahib. Nous ne devrions jamais commettre de péché qui entacherait le turban de notre Père.La Gurbani est claire : ਪ੍ਰਭ ਤੇ ਜਨੁ ਜਾਨੀਜੈ ਜਨ ਤੇ ਸੁਆਮੀ ॥੨॥Vaheguru est connu par Ses serviteurs, et Ses serviteurs sont connus par leur Maître. En d’autres termes, les bonnes actions des Bhagats font la fierté de Vaheguru.

  7. À côté des femmes sikhes portant la dastar (turban), il est admirable de voir nos sœurs musulmanes couvrir leur tête avec le hijab ; elles paraissent si pieuses. Mais de nos jours, il arrive que des jeunes filles portant le hijab s’habillent avec des vêtements inappropriés (révélant leur corps), ce qui nous remplit de honte.
    Il en va de même pour nos sœurs sikhes qui portent la dastar mais n’hésitent pas à mettre des pantalons moulants ou des hauts qui dévoilent leur corps.
    Dans le Gurmat, l’habit le plus approprié reste le Bana (habit traditionnel), mais si, pour une raison quelconque, il n’est pas possible de le porter, les vêtements devraient au moins être amples et modestes. Seules les femmes pieuses respectant cet Hukam (ordre) peuvent être appelées les fières filles de Siri Gourou Gobind Singh Ji.

  8. Pour les jeunes hommes sikhs, le Bana reste aussi l’habit le plus approprié. Mais si, pour une raison quelconque, ils ne le portent pas, ils devraient opter pour des vêtements simples, non voyants. Certains aiment exhiber leurs muscles et portent des habits moulants — tout cela est un comportement manmukhi à éviter pour un véritable chercheur du Gourou Sahib.